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LES TURCS ONT PASSE LA.
séparatrice et qu'ils ne cherchaient pas à établir un
royaume en Cilicie... La vérité s'est fait jour —un peu
tard, hélas ! Enfin, mieux vaut tard que jamais (1).
Suivant les déclarations formelles de Babiguian Eff.
au reporter du journal
Taswir-Efkiar
i l est constaté
par l u i :
1
° Par les pièces et documents authentiques qu'il
possède, i l est absolument faux que les Arméniens
(1)
Comment incriminerait-on les Arméniens pour leurs réjouis–
sances à Adana après la proclamation de la Constitution, comment
les accuserait-on d'avoir cherché le séparatisme ou un royaume
en Cilicie, quand ils n'ont fait que ce que les autres, grecs, israé-
lites, etc , etc-, ont fait dans tout l'Empire Ottoman, c'est-à-dire des
démonstrations de satisfaction pour avoir obtenu la liberté si chère–
ment acquise et pour laquelle tant de sang arménien avait été versé
pendant le règne de terreur d'Abdul-Hamid.
Pourquoi les Arméniens de Cilicie seraient-ils voués à des calom •
nies et condamnés à être impitoyablement massacrés et livrés au car–
nage sous les yeux des autorités locales, passives ? quand, à Constan-
tinople, capitale de l'Empire, Turcs, Grecs, Arméniens et autres sujets
ottomans se réjouissaient au même titre à partir du 24 juillet 1908.
Fêtes, festins, meetings, réunions, discours chaleureux, théâtres,
comédies, réjouissances, dîners, déjeuners, drapeaux déployés, excur–
sions ; des visites en masse de la part des Turcs aux églises et écoles
arméniennes, des accolades fraternelles, des applaudissements frénéti–
ques, des processions, les louanges des Arméniens comme champions
de la Liberté, des visites de la part des Turcs avec la fanfare mili–
taire aux cimetières arméniens pour pleurer sur la tombe des mar–
tyrs de la Liberté, la vente de nouveaux journaux turcs faisant
l'apologie des Arméniens, la réception des proscrits politiques venant
des extrémités de l'Empire (Damas, Tripoli, etc., etc.) par des
groupes de 30 à 50.000 personnes ; la réception de Monseigneur
Iimir-lian (exilé à Jérusalem) avec un défilé sublime, des quais
de Galata jusqu'au patriarcat arménien de Coum-Capou, des
prêtres à cheval, des drapeaux, des illuminations a giorno, une foule
arménienne des plus compactes où l'on distinguait également des
personnages civils turcs et des militaires en uniforme; la vente des
chansons populaires nationales arméniennes, des illustrations, avec
les images des anciens généraux et autres personnages distingués
arméniens, etc., etc., etc. — tout cela avait été toléré dans la capi-
Fonds A.R.A.M