LES TUllCS ONT PASSÉ L A . . .
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nements d'Adana. La seule chose qui aura pu attirer
ces malheurs sur nous chrétiens, serait supposons-
nous, notre religion d'abord, notre tendance au pro–
grès, notre joie excessive lors delà proclamation de la
Constitution; mais ce ne sont pas là des fautes. Certains
fonctionnaires de l'Etat veulent attribuer ces événe–
ments à la volonté divine, ou au hasard, ou bien à un
mouvement fortuit, soudainement éclaté ; mais ces
idées nous paraissent absurdes. Car nous ne pouvons
pas nous imaginer que des actions aussi éminemment
criminelles comme celles d'Adana soient ordonnées
ou tolérées par le Tout-Puissant créateur, qui est la
source même de bonté et de miséricorde. Cela est
absolument impossible. Ces événements ne sont pas
non plus l'effet du hasard, ni le résultat d'un mouve–
ment imprévu. Ce n'est pas le hasard, disons-nous,
parce qu'on y remarque certains indices graves de
préméditation. Ce n'est pas non plus un mouvement
imprévu, spontané, parce qu'on ne voit ce cas que
dans des phénomènes d'ordre physique, tel le trem–
blement de terre.
D'autres, plus intelligents, en attribuent la cause
aux ennemis de la Constitution, ou à l'ignorance com–
plète de la basse classe, ou bien au fanatisme de la race.
Pour ce qui est de la marche contre la Constitution,
celle-ci, disons-nous, n'était pas une question concer–
nant les chrétiens. La cause du nouveau régime
ottoman intéresse au même degré les Jeunes-Turcs,
le comité
Union et Progrès,
l'armée d'opération,
ainsi que tout vrai ottoman. I l ne serait donc pas juste
que nous périssions nous seuls chrétiens, pour la
défense de la Constitution Quant aux autres motifs
invoqués, tels que l'ignorance du peuple et le fana-
Fonds A.R.A.M