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LES TURCS ONT PASSÉ LA.
Musulmans, ceux-ci avoueraient facilement tout et
que la vérité et la justice seraient ainsi établies.
I l est à noter que les populations musulmanes et
chrétiennes de notre ville et de ses dépendances
vivaient depuis des années dans la tranquillité et dans
la sécurité, et même pendant les ravages et les mas–
sacres survenus quatorze ans auparavant et qui livrè–
rent le pays entier au sang et au feu, la ville d'Adana
entièrement et ses dépendances en partie en furent
exemptes.
Or, la seule chose que nous attendons humblement
de votre bienveillance, c'est qu'au lieu de punir les
assassins et voleurs ordinaires, i l soit procédé, (afin
de leur infliger un châtiment exemplaire), à la re–
cherche des principaux agitateurs qui poussèrent les
premiers à commettre ces outrances. Cela faisant,
i l n'y aurait plus lieu de condamner à mort par
milliers, ceux de nos compatriotes musulmans qui
ont été assez naïfs pour être dupes des intrigues de
quelques traîtres de la patrie et de la nation. Qu'on
condamne seulement les vrais assassins et les prin–
cipaux provocateurs, fussent-ils employés ou hauts
fonctionnaires, notables ou ulémas ; que la justice
soit faite pour tous, et que la terre sacrée de la patrie
ne soit pas tachée du sang des innocents.
Le 10 Haziran 325.
Le 23 Juin 1909.
Fonds A.R.A.M