LES TURCS ONT PASSE L A . . .
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ni vêtements, ni habitations, non plus de meubles. Une
telle situation montre clairement l'importance des
pertes qu'ils subirent et la profondeur de leur misère,
et justifie amplement la répugnance qu'ils éprouvent
pour la vie. Dans quel but ont-elles été commises,
toutes ces atrocités? Nous référons le cas à l'Hono–
rable Cour Martiale pour qu'elle en fasse l'objet de
ses mûres réflexions.
10
° Pendant nos visites au Conak, où nous étions
invités par les Autorités, nous y rencontrâmes à plu–
sieurs reprises les notables et les Ulémas de la ville
en train de délibérer ; ceci n'indique-t-il pas que ces
gens-là avaient agi d'accord avec les autorités locales
lors de l'organisation des événements ?
11
° Après tant de calamités et de souffrances, nous
avions tout lieu d'espérer que nous serions défendus
par les soldats libéraux, protecteurs de la Constitu–
tion, qui est après Dieu notre seul et unique refuge.
Mais malheureusement les soldats furent également
trompés et agités par la population musulmane et
prirent part aux pillages, incendies et massacres, ce
qui accrut davantage nos malheurs.
12
° Etant donné que ces regrettables événements
commencèrent au même moment et sur le même
système, tant à Adana que dans ses dépendances, et
qu'ils durèrent dans les mêmes conditions, nous som–
mes amenés à penser qu'ils ont été organisés dans
une intention malveillante. D'autant plus que la
coïncidence des événements de Constantinople dans
les mêmes journées, relève qu'il existe un rapport
entre eux.
13
° Pendant les premiers événements regrettables,
les habitants des villages environnants furent tous
Fonds A.R.A.M