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LES TURC» ONT PASSÉ LA . . .
ne savons pas à qui avoir recours, pour implorer du
secours. Le major et le commandant susmentionnés
ont convoqué nos notables à la caserne, et leur ont
accordé vingt-quatre heures pour leur livrer cinq
cents fusils de Mauser et de Martiny, sous la menace
de leur sécher le sang et de leur causer des malheurs
plus terribles encore, au cas où ils n'acquiesceraient
pas à leur ordre. Sachant très bien que nous ne pos–
sédions pas ces sortes de fusils, ils cherchent ains
un prétexte, pour nous exterminer complètement.
Pour l'amour de Dieu, ayez pitié de nous. Entendez
au moins les cris et les sanglots de nos familles et de
nos nouveaux-nés innocents, pour mettre fin à ces
persécutions et à ces tourments qu'ils veulent nous
faire subir si injustement.
Nous venons, en conséquence, réitérer nos suppli–
cations adressées déjà précédemment, pour envoyer
ici une commission spéciale, afin d'effectuer l'enquête
nécessaire selon la justice et l'équité et préserver
ainsi notre vie et notre réputation, qui courent au–
jourd'hui un grand danger.
La Situation à Adana
(
du Journal
La Turquie)
D'après une dépêche transmise à un confrère
arménien, des 26.000 éprouvés, 6.000 veuves et
12.000
hommes sont réduits à une extrême nécessité.
Aux environs de Bahdjé 800, à Deurt-Yol 900, à
Kessab 1.000 et à Kozan 400 familles séjournent en
plein air sans tentes ; 300 familles massées aux envi–
rons d'Adana et d'autres localités, sont dépourvues
de vivres. Pendant les trois derniers mois le nombre
Fonds A.R.A.M