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LES TURCS ONT PASSE LA.
ceinture du siège a été rompue, on nous a laissé venir
notre eau qu'on avait coupée et nous avons pu res–
pirer un peu. — Le
mutessarif nons
ordonne de ren–
trer chez nous, quand nous n'osons même pas nous
aventurer pour nos affaires ; nous n'avons pas encore
une garantie complète sur la vie. Si une commission
d'enquête ne vient pas ici et ne donne pas au mutes-
sarif la punition qu'il mérite, i l est très probable que
les événements recommenceront et que nous serons
tués. — Pour l'amour de Dieu, faites le nécessaire pour
rétablir l'ordre et la tranquillité. — Faites rendre le
montant de nos biens gaspillés, envoyez-nous des
secours pour ne pas mourir de faim. Nous sommes
12.000
malheureux hommes, femmes, et enfants qui
avons besoin d'un morceau de pain et de votre charité
pour ne pas mourir.
(
Suivent des signatures).
N.-B.
Voyez à l'article Condamnation, pour la pu–
nition accordée à Assaf Bey (Où est la justice ? ) (1).
AÏNTAB. —
Dépêche du 20 avril 1009, au Patriarcat
arménien.
Suivant nos renseignements exacts, l'insécurité et
la misère régnent dans les lieux ruinés par les évé–
nements; les nombreux enfants d e l à Patrie, dont les
maisons ont été brûlées et les récoltes anéanties,
déambulent nus et affamés. En outre, des femmes
(1)
On a vu Assaf à Constantinople en Mai 1910, se promener
librement et même plaider des causes pour compte de divers clients,
devant les tribunaux locaux.
Fonds A.R.A.M