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LES TURCS ONT PASSE LA . .
ALEXANDRETTE,
le 10 mai 1900, au Patriarcat ar–
ménien.
Des centaines d'innocents ont été tués, nos maisons
et fermes ont été incendiées et tous nos biens et
meubles pillés. Notre classe aisée est descendue au
niveau des pauvres, des milliers de personnes nues
et affamées, des veuves et des orphelines dans un état
pitoyable déambulent dans les rues.
Dieu est témoin
que nous avons toujours servi le gouvernement et la
patrie et que nous n'avonsjamais eu d'autre objectif.
Nous sommes réduits à cet état de misère pour avoir
commis le péché de défendre notre vie et notre hon–
neur. Nos campagnes et nos champs sont réduits en
cendres. Quoique nous avions de larges provisions,
nous sommes devenus des indigents miséreux ; per–
sonne n'a pitié de nous, on ne fait pas cas de nos
pétitions. La force armée nous est hostile, fait des
enquêtes sévères,
elle fait prisonniers les nôtres,
comme si nous étions nous mêmes les vrais auteurs
de ces
événements.
Pour ne pas devenir les victimes de la calomnie,
nous prions qu'on envoie une commission judiciaire
bien impartiale pour que les assassins, les pillards
et les incendiaires soient punis.
Nous sommes entassés très nombreux dans des
champs, sans nourriture et sans abri. Les moissons
approchent, nous vous prions de nous envoyer le
nécessaire pour dresser des tentes et des cabanes,
pour pouvoir au moins sauvegarder notre vie et nos
moissons.
Le gouvernement a octroyé un secours de 5.000 pias-
Fonds A.R.A.M