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LES TURCS ONT PASSE LA..
bataillon de rédifs d'Alexandrette n'envoie pas plus
de soixante hommes à Djébéli-Béréket, car là aussi
la surexcitation et l'agitation ont commencé.
Les trois cents hommes du bataillon de nizamiés
sont répartis depuis quatre jours, non pas en senti–
nelles, mais comme des
bekdjis,
dans les nombreux
points où la surveillance est nécessaire. Si dans
quelques jours, demain peut-être, ils sont exténués,
i l ne nous restera aucune force disponible. La situa–
tion de Mersine est également inquiétante. Depuis
trois jours, les habitants, par groupes, assiègent le
gouvernement en réclamant des armes. L'envoi sans
retard des deux bataillons est donc maintenant de–
venu de la plus grande urgence et de la plus impé–
rieuse nécessité.
Le 3 avril 1325.
Le vali d'Adana:
DJÉVAD.
Au ministère de lIntérieur.
La situation devient de plus en plus mauvaise. A
Baghtché, on n'est même plus sûr de la police. A
Deurt-Yol, i l y a près de cinq mille Arméniens armés
de Martinis. Ils ont entouré le village de fortifications
et cernent de plus en plus les villages environnants.
Le chef-lieu du sandjak est terriblement menacé. Les
femmes pleurent. Le sandjak retentit de plaintes. (1)
De grâce, qu'on expédie à la hâte ne fut-ce qu'un
bataillon de nizamiés et qu'on fasse partir dès cette
nuit les rédifs d'Alexandrette. Le caïmakam de Bagh-
(1)
Lire le récit de Deurt-Yol pour mettre à jour la fausseté de
cette dépêche gouvernementale.
Fonds A.R.A.M