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LES TURCS ONT PASSÉ LA . .
et Sarkis Souine Eff.) qu'ils pouvaient sans crainte
nous indiquer ceux des notables islams qui avaient
participé aux troubles, mais jusqu'à présent on ne
nous a rien prouvé. Quelques-uns ont adressé des
rapports anonymes à la Cour Martiale, qui a répondu
qu'une enquête sérieuse aurait lieu pour dénicher les
fauteurs et organisateurs de troubles. On ne peut pas
accuser la Cour Martiale sans vraie accusation de la
part du Procureur Impérial et sans le nom de l'accu–
sateur, et dénoncer le gouvernement comme fautif.
Que les accusateurs mettent des noms, que des
poursuites aient lieu, nous verrons alors si les accu–
sations sont véridiques.
Pour ce qui est des témoignages forcés contre les
arméniens de ï a r s o u s , quand j'aurai une réponse à
ma dépêche je vous répondrai. Les autorités igno–
rent si tous les arméniens de Kerek-Khan ont été
massacrés, car ce dernier village dépend du vilayet
d'Alep. C'est une calomnie, quand on évalue le nom–
bre des victimes à
30.000
ce nombre n'étant qu'aw-
dessous de 10.000
(1).
Malgré tous mes efforts je n'ai
pas pu préciser le vrai chiffre ; mais en tous cas i l
faut réfuter le nombre de
30.000.
C'est encore une
calomnie quand on dit qu'on menace ceux qui adres–
sent des dépêches émouvantes à Constantinople ou
ailleurs
(2).
(1)
La dépèche du 1" Mai n'accusait que 4,000 victimes, le nom–
bre des musulmans
morts étant comparativement supérieur à celui
des
chrétiens.
La présente dépèche évalue les victimes à plus du
double, puisqu'elle parle de 10,000 environ, sans distinguer non
plus le chiffre des islams tués ou blessés. C'est déjà un aveu tacite
des massacres.
(2)
Après des chiffres dérisoires, le vali insinue que le nombre
des victimes approchait 10.000. — Il ose prétendre qu'on n'a pas
Fonds A.R.A.M