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LES TURCS ONT PASSE LA . .
l'ait averti que par suite de l'état de révolution dans
lequel se trouve la ville, une pareille démarche est
dangereuse. 11 a persisté dans son projet et est parti
accompagné d'un officier et de 10 hommes. Ce matin
i l est revenu et prenant en plus de son escorte p r é –
cédente le commandant de gendarmerie, i l est parti
de nouveau à l'intérieur de la ville. 11 n'est pas encore
de retour. Dans plusieurs quartiers de la ville, des
incendies ont éclaté et les moyens d'extinction font
défaut actuellement (1).
Le 2 avril 1325.
Le vali d'Adana
:
DJÉVAD.
Au Ministère de l'Intérieur.
Le
caïmakam
fait savoir que les événements de
Bagtché sont considérablement aggravés, que la po–
pulation est en effervescence, pousse des clameurs,
et qu'il faudrait y envoyer des troupes. Comme i l est
impossible d'en expédier d'ici, i l faudrait, s'il est
possible, envoyer des renforts des
cazas
de Islahié et
de Osmanié. Les musulmans s'attroupent. I l a été
recommandé au caïmakam qu'ils n'aient qu'à se
défendre ; mais comme Votre Excellence le sait, les
habitants ne pouvant remplir cette mission, i l est
évident que de graves événements se passeront. Des
troupes sont nécessaires.
Le 3 avril 1325.
Le mutessarif de Djèbel-Bèréket
:
ASSAF ESSAD.
(1)
Ces incendies ont été allumés avec du pétrole dont on asper–
geait les maisons à l'aide de lances de pompiers.
Fonds A.R.A.M