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de même avec les criminels turcs qu i sont mi l l e
fois plus coupables ? La déclaration du,
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i g i 5 sera-t-elle exécutée ou restera-t-elle lettre
morte comme tant de belles déclarations d i p l o –
matiques?
La politique alliée à l'égard de la Turquie de–
puis l'armistice, ne nous permet pas d'être d'un
grand optimisme. Dans ce Constantinople et
dans d'autres localités occupés par les troupes
alliées, des massacreurs authentiques, connus se
promènent librement sans qu'ils soient inquié–
tés le moins du monde. Les femmes et les filles
arméniennes islamisées, par dizaines de mille (en–
v i r on
60.000)
restent encore enfermées dans les
harems,
sous la coupe des bourreaux de leurs
maris, pères ou frères. I l se livre des batailles en
règle pour arracher les enfants arméniens à leurs
ravisseurs musulmans. Le sang arménien coule
de nouveau. Et la famine, le f r o i d et les épidé–
mies ravagent encore les rangs clairsemés de no–
tre malheureux peuple sans défenseur.
Qu'on nous permette de dire que les Armé–
niens, au lendemain de la victoire à
laquelle
ils
ont
contribué
au-delà
de leurs
forces,
s'atten–
daient à une protection plus efficace de la part
des vainqueurs, leurs alliés
de
facto.
Tout le mal vient de ce que l'armistice conclu
avec la Turquie ne prévoyait pas l'occupation des
vilayets arméniens par les troupes alliées. Cette
Fonds A.R.A.M