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des peuples, nous pouvons
affirmer, avec
quel–
que apparence de vérité, que le fossé sanglant
qui sépare- l'Arménien du Turc, ne pourra être
franchi qu'à la condition que l'Arménie soit i n –
dépendante, que les Améniens soient mis sur un
pied d'égalité avec les Turcs et non dans la posi–
tion actuelle de vassaux ou de
rayas.
La f i n des
luttes séculaires et le commencement d'une en–
tente loyale ne peuvent être obtenus que par la
reconnaissance de cette vérité primordiale.
L'histoire nous enseigne que l'Italie a été l ' a l –
liée de l'Autriche peu de temps après avoir été
délivrée de son j oug .
Nous n'allons pas jusque-là, car les deux cas
n'ont qu ' un rapport éloigné entre eux. Ceux q u i
prêchent déjà l ' oub l i du passé affreux et se font
les conciliateurs bénévoles entre les deux élé–
ments ennemis, perdent leur temps. I l aurait
fallu pour cela que la nation arménienne n'ait n i
cœur n i cerveau. Le lien sinistre qu i nous atta–
chait par force à la galère turque est déjà r ompu
par le yatagan; i l s'agit de le consacrer par un
acte international. Enfin libérés, nous formons
le rêve sublime de vivre notre vie nationale sur
la terre de nos aïeux. Nous voulons avoir notre
place sous le soleil. Est-ce là un rêve audacieux?
Et sa réalisation nuit-elle aux droits de la Tu r –
quie? Nullement. Nous réclamons strictement ce
qui nous est dû. La longue captivité de l'Armé-
Fonds A.R.A.M