L'ÉPOPÉE ARMÉNIENNE
57
au t an t de « Mécène » que chez les Arméniens.
E t ceci est u n des signes caractéristiques de
cette race : i l s o n t u n amour si prononcé pour
l ' i n s t r u c t i on que t o u t Arménien, fût-il de con–
d i t i o n modeste, cherche à faire bénéficier ses
enfants des bienfaits de l ' i n s t r u c t i on . Lorsque
les parents n ' y peuvent à eux seuls suffire, i l
n'est pas rare de voir le cadet t r ava i l l e r et gagner
pour subvenir aux frais d'études de l'aîné. E t
quand le jeune étudiant n'a plus de proches
parents pour pourvo i r à ses dépenses scolaires,
c'est un parent plus ou moins éloigné qu i se f a i t
un honneur de subvenir aux besoins du jeune
homme.
Pa r t ou t où les Arméniens fondent une colonie
de quelque importance, ils créent immédiate–
ment des sociétés intellectuelles pour donner des
conférences, installer des salles de lecture et de
spectacle. Us donnent, su i vant l ' impor tance de
leurs colonies, des représentations théâtrales,
des auditions musicales, des soirées dansantes.
A Paris, par exemple, où depuis quelques
années, le nombre des Arméniens s'est sensible–
men t accru, i l y a, toutes les semaines et que l –
quefois deux fois par semaine, une représenta–
t i o n théâtrale en arménien, ou u n bal, ou un
Fonds A.R.A.M