L'ÉPOPÉE ARMÉNIENNE
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L e rêve d'une grande Arménie indépendante
s'étant évanoui devant la brutalité des événe–
ments, les Arméniens émigrèrent en masse, où ils
pur ent et où l ' on v o u l u t bien les accueillir. E t
c'est ainsi que l ' o n compte au j ou r d ' hu i env i r on
60.000
Arméniens en France, un peu moins en
Grèce, 150.000 en Syrie, 30.000 q u i allèrent
rejoindre leurs aînés dans l'Amérique d u No r d ,
une t r ent a i ne de mi l l e dans l'Amérique du Sud,
et quelques dizaines de milliers en Egyp t e , en
Chypre, en Serbie, ailleurs encore.
I l convient de noter, avan t de conclure, et en
insistant d'une façon très particulière, que tous
ces Arméniens, épars dans l'univers, n ' on t
d'autres préoccupations, si provisoire et si pré–
caire que soit leur i ns t a l l a t i on , que de créer des
écoles, de publier des j ournaux , de bâtir des
églises et des hôpitaux, d ' ouv r i r des imprimeries
e t d'exercer des métiers, soit comme petits
patrons, soit comme artisans, architectes, ma –
çons, cordonniers, tailleurs, ébénistes, ciseleurs,
sculpteurs.
Tous ces Arméniens, qu'ils aient appartenu au
premier mouvement d'émigration ou qu'ils soient
du dernier, on t toujours pour su i v i le même b u t ,
q u i ne f u t jusqu'à présent qu'une chimère : t r a -
Fonds A.R.A.M