LES FAITS
.93
les familles arméniennes dans les villages d'Alasch-
kert, et furent logés par le gouvernement turc au
nombre d'environ 2000 familles dans les villages armé–
niens des régions de Maleskert et Boulanek. I l n'y avait
pas alors de soldats réguliers dans les régions frontières.
Les Kurdes et les Tschettehs étaient les seules troupes
dont disposât le gouvernement. Les 3000 gendarmes
des vilayets étaient occupés à piller les villages. Le
vali de Van avait donné à tous les caïmacans l'ordre
de procéder, au moindre motif, contre les Arméniens.
Le caïmacan de Gavascht provoqua une bagarre, qui
aboutit à un massacre. Les Daschnakzagans exigèrent
alors du vali que le caïmacan fût cité devant un conseil
de guerre. Le vali promit de faire une enquête.
Les villages arméniens sans défense durent suppor–
ter tous ces abus. Les chefs des Daschnakzagans s'effor–
çaient de prévenir le malheur, par l'intermédiaire des au–
torités, et de calmer la population arménienne. Le dé–
puté de Van, Vramian, avait dès janvier, par un Mémo–
randum (du 3/16 janvier 1915) adressé au vali de Van,
Djevdet bey, et à Tahsin bey, vali d'Erzéroum, attiré
l'attention des autorités sur les dangers de tels faits,
KHALIL BEY DANS LE NORD DE LA PERSE.
Entre temps, l'armée de Khalil bey avait pénétré
dans le nord de la Perse, dans la région de Ourmiah et
de Dilman. Aux 20.000 soldats réguliers s'étaient joints
10.000
Kurdes de la région du Zab supérieur. Djevded
bey, vali de Van, prenait aussi part à ces opérations.
Djevded bey est le beau-frère d'Enver pacha, ministre
de la guerre ; Khalil bey, le commandant du corps
d'armée qui envahit la Perse, est un neveu d'Enver
LEPSIUS
Fonds A.R.A.M