LES FAITS
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dans les provinces de Trébizonde, Erzéroum, Sivas
et Kharpout, est estimé à 600.000 dans le rapport
d'un missionnaire américain.
MALATIA.
A Malatia, i l y avait 10 à 12:000 Arméniens. Un Alle–
mand, qui quitta Malatia immédiatement avant la dépor–
tation, raconte ce qui suit sur l'état des choses existant
immédiatement avant l'exécution des mesures :
«
Le mutessarif Nabi bey, un bon vieillard extrême–
ment doux et bien intentionné, fut renvoyé vers le mois
de mai, à notre avis pour la raison qu'il n'aurait pas
procédé avec assez de dureté à l'exécution des me–
sures contre les Arméniens. Son remplaçant, le caï–
macan d'Arrha, était l'homme qu'il fallait. Son hos–
tilité envers les Arméniens et sa manière d'agir
contre les lois étaient à peine croyables. C'est bien
lui qu'à côté d'une clique de riches beys, on doit rendre
responsable de l'arrestation arbitraire de beaucoup
d'Arméniens, d'un usage inhumain de la bastonnade
et du meurtre secret de nombre d'Arméniens. Le suc–
cesseur légitime, Réchid pacha, qui vint de Cons-
tantinople à la fin de juin, un kurde consciencieux,
d'une bonté de cœur vraiment étonnante, fit, dès le
premier jour de son entrée en charge, tout ce qu'il put
pour soulager le sort des nombreux Arméniens empri–
sonnés, pour empêcher les attaques des soldats irrégu–
liers et des zaptiéhs contre la population arménienne,
et pour rendre possible une solution humaine et con–
forme aux lois, dans des affaires extrêmement difficiles,
non sans courir quelquefois le risque de se mettre l u i -
même dans une très fâcheuse position. Malgré sa sévé-
Fonds A.R.A.M