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Nous avons d i t qu'après la mo r t du va l eureux
Va r t a n , les Arméniens coururent se retrancher
dans les forteresses de leur pays. Mouchgan
Nyssalavourd restait perplexe et démoralisé.
Vassagh craignit alors de tomber en disgrâce
auprès du r o i ; i l c r a i gn i t surtout de perdre le
f r u i t de toutes ses félonies et essaya de remonter
le courage du général persan et l u i donna
à
entendre q u ' i l était encore possible de l e u r r e r
les Arméniens, et, partant, de se venger d'eux.
I l l u i conseilla de prendre d'assaut les différentes
villes fortes dans lesquelles les Arméniens s'é–
taient réfugiés. Mouchgan accueillit favorable–
ment ce conseil et v i n t assiéger le fort, où se t r o u –
vaient une légion de soldats, l e patriarche S. Jo –
seph et plusieurs autres prêtres. Ne pouvant
prendre d'assaut cette forteresse, Vassagh em–
ploya encore l a ruse pour persuader à une pa r –
tie des gens qu i étaient là, qu ' i l s avaient i n –
térêt à sortir et à se rendre à l'armée persane.
Ce traître q u i , j ad i s , avait juré sur l'Évangile
avec les autres satrapes et tous les Arméniens
de défendre l'Église et la patrie, fit mettre à mo r t
deux cent treize des malheureux qu i avaient c r u
à ses paroles, sans se soucier du serment q u ' i l
avait fait. S. Joseph, le prêtre Léonce et les
autres prêtres, indignés de sa cruelle lâcheté,
en appelèrent de son atroce conduite au T r i -
Fonds A.R.A.M