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sine. Mais encore à l'heure qu'il est, i l n'y a pas plus
d'un matelas et d'une couverture passable pour cinq
ou six personnes.
A Kessab, 530 maisons, à Ek i zo l ouk , 40 sur 60
furent incendiées, à Duzagaz une t renta i ne . Les
environs de Beïlan et d'Alexandrette, Archaï, Mar -
gheslik, Sooukl ouk, Kuz e l l i ont été éprouvés dans
des propor t i ons analogues; à Kan l u -Do r a 24 ma i –
sons sur 33 ont été brûlées ; à A t uk , 58 sur 60 ; à
Karakhan 66 maisons et presque autant de bout i –
ques. Dans ce dern i er v i l l age , on a massacré dans
des conditions particulièrement odieuses. Sur la
promesse écrite du chef musulman Che ikh Omar
agha, les Arméniens renoncèrent à toute résis–
tance et se laissèrent désarmer; après quo i , on
l eur déclara que ceux-là seuls seraient laissés l i –
bres qu i embrasseraient l'islamisme. La plupart
ayant refusé d'abjurer furent égorgés sans me r c i .
Les autres qu i firent l eur profession de foi m u –
sulmane eurent bientôt le même sort. Vo i c i , abré –
gés mais exactement transcrits, les passages d ' un
rapport de la mi ss i on protestante :
On les conduisit au tekké du cheikh Omar agha. Le
vieillard, en les apercevant, de s'écrier : « N'amenez pas
ici ces infidèles». Ces paroles furent le signal d'un
meurtre collectif qui fut consommé très rapidement...
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hommes de Karakhan furent ainsi égorgés, en deux
fois...
Après quoi, les Kurdes enlevèrent les femmes les-
plus jeunes; le reste des femmes et des enfants fut
gardé chez le vieux cheikh qui les renvoya plus t a r d
à Beïlan...
Fonds A.R.A.M