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A Hamidié, plus de 600 hommes ont été tués (le
15
avril) au marché, dans leurs boutiques; 400
maisons, 4 écoles, 2 églises ont été brûlées.
Le massacre, mande le Père Rigal, a été si subit et
si rapide, que le plus grand nombre a été surpris et
frappé sur place. Quant aux ouvriers des fermes, ils
ont été poursuivis et assommés comme des bêtes fau–
ves. Cinq cents cadavres en décomposition empestent
la campagne.
Leur tâche consommée, les bandits fouillaient
consciencieusement ce charnier pour détrousser
les morts. De toute la population de Hamidié, 373
survivants, dont 3 hommes.
A Osmanié (15 avril), comme on distribuait à la
populace des armes dans le local même du gou–
vernement, les Arméniens inquiets demandèrent
au gouvernement ce que cela signifiait. On leur
répondit que les paysans allaient donner la chasse
aux détenus de la forteresse de Payaz, qui s'étaient
évadés
1
.
Aussitôt après, le travail commençait.
I l dura plusieurs heures et pr i t fin par un grand
feu de joie : 180 personnes, vieillards, femmes
et enfants, s'étaient tapis dans la petite église
du bourg ; des Turcs défoncèrent la terrasse
de l'église et vidèrent à l'intérieur des bidons de
pétrole enflammé; d'autres, armés de fusils, gar-
1
On leur avait ouvert les portes de la prison pour les lâ–
cher sur les villages voisins d'Anlioche. Vo i r plus loin : le
massacre d'Antioche.
Fonds A.R.A.M