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On avait propagé i c i le b ru i t , écrit le D
r
Christie,
que le révolutionnaire Guegderélian, à la tête de 15,000
cavaliers arméniens, marchait sur la ville. Cette
fausse nouvelle devait stimuler le zèle des hordes mu –
sulmanes... La populace fut invitée au son des t r om –
pettes à se porter à l'hôtel du gouverneur, où des cen–
taines d'armes avec munitions furent distribuées par
les fonctionnaires du gouvernement.
Au t r e l e t t r e de Tar s e , émanant de M . J . , p r o –
fesseur au Co l l ège américain de cette v i l l e :
Les chrétiens n'opposèrent aucune résistance mais
s'enfuirent : 400 se réfugièrent dans les marécages du
Cydnus, 3000 entrèrent dans notre cour. Rien n'avait
été sauvé, pas même une couverture... Nous enten–
dions la fusillade dans les rues voisines, les hu r l e –
ments des pillards, les cris des femmes et des en –
fants...
Le pillage et l'incendie continuèrent pendant toute
la journée de vendredi. La nu i t , la lueur était encore
si forte que nous pouvions lire et écrire. Au matin
plus de 800 maisons n'étaient plus qu'un tas de décom–
bres. Toute la nu i t nous entendîmes des gémisse–
ments et des lamentations mêlés aux pleurs des en –
fants affamés.
L ' i nc end i e c ont i nua j usqu ' au ma t i n , brûlant 797
maisons q u i avaient été préalablement mises à
sac. Comme i l res ta i t encore 3 mai sons debout ,
les bachi -bozouks v i n r e n t y me t t r e le f eu le d i –
manche 18.
I c i comme pa r t ou t la t roupe par t i c i pa à la be –
sogne :
Des soldats, écrit le D
r
Christie, nous ont déclaré
Fonds A.R.A.M