qui, suivant l'autodétermination prévue pour l'Arménie tur–
que, doivent devenir indépendants. Contraints par les
mencheviks de quitter Tiflis où ils publiaient leur journal
Karmir Orer
(
Journées rouges) puis
Karmir Drochak
(
Drapeau
rouge), ses dirigeants se réfugient au Caucase du Nord, d'où,
évacués avec les troupes rouges, ils se retrouvent en 1919 à
Moscou où ils sont bien accueillis par Avanessov au sein du
Commissariat arménien. Haïkouni, qui le préside, ne re–
connaît pas l'autorité du Kraïkom du Caucase et prétend que
son organisation contrôle un certain nombre de cellules créées
en Russie méridionale et au Caucase du Nord. Mais ce « parti »
nouveau n'a aucune racine dans le pays. Un de ses repré–
sentants déclarera d'ailleurs plus tard que « le parti commu–
niste d'Arménie n'existait que dans nos têtes intellectuelles
(...)
les paysans, les ouvriers ne voulaient pas en entendre
parler (35) ». Les agissements des « haïkouniens » irritent les
bolcheviks arméniens qui les accusent de semer le trouble dans
leurs rangs. Sur leurs instances, le Kraïkom s'adresse en mai
1918
auC.C. à Moscou pour lui demander de mettre fin à leur
activité. Haïkouni, en tant que représentant du « P.C.
d'Arménie » reconnu par le C.C. du parti bolchevik russe,
participe au I
e r
Congrès de l'Internationale communiste en
mars 1919 à Moscou, en présence de dix-sept délégations
étrangères. Prenant la parole au Congrès, Haïkouni vitupère
les dachnaks, « ramassis de bandits », et les partis « bourgeois
de Transcaucasie — prostituées et proxénètes », et promet
d'instaurer le pouvoir communiste en Arménie. L'importance
donnée à Haïkouni et à ses partisans, largement subventionnés
par Moscou, finit par attirer une hostilité accrue du Kraïkom à
leur égard. En octobre, Mikoyan est dépêché à Moscou. I l
rencontre en route, à Astrakhan, Haïkouni et son groupe qui
veulent pénétrer au Caucase, et leur demande de se joindre
aux rangs des bolcheviks arméniens. A Moscou, lors de
l'examen de la question des « partis nationaux », Mikoyan
observe que « de l'attitude du P.C.A. se dégage un dé–
viationnisme aux relents nationalistes et que son existence est
nuisible ». Au milieu de l'année 1920, ce « parti » tombe en
désuétude, les bolcheviks arméniens ayant finalement cons–
titué leur propre parti issu du Kraïkom.
(35)
Borian (106), vol. II, p. 95.
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Fonds A.R.A.M