ramasser au moment où elles tombaient à terre. Ils couraient les porter chez le for–
geron qui en retirait la poudre et fondait le reste pour faire des balles.
On arracha les gouttières des maisons pour le même usage.
Les capsules venant à manquer, on y suppléa avec des bouts d'allumettes chimiques,
ce qui réussit parfaitement.
Les Zeïntounlis qui combattaient étaient environ
1 , 5
oo
,
n'ayant que de vieux fusils
à silex, y compris les
4
o o
fusils qu'ils prirent aux soldats de la caserne. Les troupes
turques
( 2 4
bataillons) comptaient environ
2 0 , 0 0 0
hommes, ayant de bonnes armes
et des munitions en abondance, ajoutez à ce nombre
3
o
,
ooo Bachibouzouks, Kurdes,
Circassiens, etc.
A la fin, les Zeïtounlis, ayant épuisé leurs munitions, préparèrent un plan d'at–
taque à armes blanches.
Ce plan consistait à attaquer de nuit sur plusieurs points à la fois les
1 0 , 000
sol–
dats d'Aly-bey.
Peut-être auraient-ils réussi, malgré l'infériorité du nombre, à mettre les Turcs en
déroute, outre que les Zeïtounlis considèrent toutes les guerres qu'ils font comme
des croisades, ils manient le poignard avec une dextérité incroyable. De plus, ils sa–
vaient que, si les troupes ottomanes étaient entrées dans la ville, elles n'auraient pas
épargné même les enfants à la mamelle; c'est pourquoi ils auraient vendu bien cher
leur Aie. La médiation des Puissances intervint à ce moment.
V I I I .
C O N V E R S I O N S F O R C É E S À L ' I S L A M I S M E .
(
DÉCEMBRE 1895. — AOÛT 1896.)
N ° 1 1 8 .
M . BERTHELOT, Ministre des Affaires étrangères,
à M. le Comte de
MONTEBELLO,
Ambassadeur de la République f r an –
çaise à Saint-Pétersbourg.
Paris, 18 décembre 1895.
L'ambassadeur britannique à Paris m'a communiqué un renseignement transmis à
Londres parle Vice-Consul d'Angleterre à Mouch et d'après lequel, dans certains v i l –
lages du district de Diarbékir, la plupart des Arméniens survivants auraient été con–
traints d'embrasser l'islamisme.
Lo r d Dufferin a ajouté que le prince Lobanoff, avec qui l o rd Salisbury s'était mis
en communication, a suggéré l'idée d'autoriser les ambassadeurs à Constantinople à
prendre des mesures pour vérifier l'exactitude des faits-relatés, en vue d'adresser à
la Porte des représentations collectives, si ces faits étaient confirmés.
Fonds A.R.A.M